Anthropic pourrait demander une pièce d’identité aux utilisateurs de Claude
Après la suspension forcée de Claude Fable 5 et Mythos 5, Anthropic met aussi à jour sa politique de confidentialité. La nouvelle version ouvre la porte à des vérifications d’âge ou d’identité pour certains utilisateurs de Claude.
Anthropic traverse une séquence particulièrement agitée. Quelques jours après avoir désactivé Claude Fable 5 et Mythos 5 à la suite d’une directive du gouvernement américain, l’entreprise de Dario Amodei attire de nouveau l’attention avec une mise à jour de sa politique de confidentialité. Cette fois, le sujet est plus directement lié aux utilisateurs : l’identité.
Dans un résumé des changements qui entreront en vigueur le 8 juillet 2026, Anthropic indique que ces nouvelles règles concernent les comptes grand public, c’est-à-dire Claude Free, Claude Pro et Claude Max. Les offres Claude Team, Enterprise, Developer Platform et les services soumis à des contrats commerciaux ne sont pas concernés par cette mise à jour.
Anthropic ajoute une vérification d’âge ou d’identité
Le passage le plus sensible concerne les « données de vérification ». Anthropic explique que, pour contribuer à la sécurité de ses services, l’entreprise peut demander à certains utilisateurs de confirmer leur âge ou leur identité.
La mesure n’arrive pas totalement de nulle part. Dans son centre d’aide, Anthropic précise déjà que la vérification d’identité peut être demandée pour certains cas d’usage, lors de contrôles d’intégrité de la plateforme ou pour des raisons de sécurité et de conformité. L’entreprise affirme que ces données ne sont utilisées que pour confirmer l’identité de l’utilisateur, et non pour entraîner ses modèles.
Concrètement, la procédure peut passer par Persona, un prestataire spécialisé dans la vérification d’identité. Anthropic indique qu’un utilisateur peut devoir fournir une pièce d’identité officielle avec photo, comme un passeport, un permis de conduire ou une carte d’identité nationale, ainsi qu’un selfie pris avec un téléphone ou une webcam.
Une logique proche du KYC
Pour beaucoup d’utilisateurs, cette procédure rappellera les contrôles de type KYC, déjà courants dans la finance, les plateformes crypto ou certains services en ligne sensibles. La différence, ici, est qu’elle s’appliquerait à un assistant IA grand public, ce qui pourrait relancer le débat sur l’anonymat, la vie privée et l’accès aux modèles les plus puissants.
Anthropic tente de rassurer. L’entreprise affirme que les images de pièce d’identité et de selfie sont collectées et conservées par Persona, et non directement sur ses propres systèmes. Elle précise toutefois qu’elle peut accéder aux dossiers de vérification via la plateforme de Persona, par exemple en cas d’appel ou de litige.
La société affirme aussi que ces données ne sont pas utilisées pour l’entraînement des modèles et qu’elles ne sont pas partagées à des fins publicitaires ou marketing.
Un contexte politique très tendu
Cette mise à jour intervient dans un climat déjà explosif pour Anthropic. Selon WIRED, l’entreprise a désactivé Claude Fable 5 et Mythos 5 après avoir reçu une directive américaine liée à des préoccupations de sécurité nationale. Le gouvernement américain estimait qu’une méthode de contournement, ou jailbreak, pouvait permettre d’exploiter Fable 5 pour identifier des failles logicielles. Anthropic a contesté la gravité du risque, tout en retirant les modèles pour se conformer à la demande.
Dans ce contexte, la vérification d’identité peut être vue comme une manière de mieux relier l’usage d’un modèle puissant à un compte réel, notamment en cas d’abus. Mais elle pose aussi une question évidente : jusqu’où les éditeurs d’IA vont-ils aller pour prouver qu’ils contrôlent l’accès à leurs outils ?
Les autres géants de l’IA pourraient-ils suivre ?
Pour l’instant, Anthropic ne dit pas que tous les utilisateurs de Claude devront systématiquement envoyer une pièce d’identité. La formulation reste volontairement large : l’entreprise « peut » demander une vérification dans certains cas.
Mais le précédent est important. Si Anthropic généralise ce type de contrôle sur ses offres grand public, OpenAI, Google ou d’autres acteurs pourraient être tentés de mettre en place des procédures similaires, surtout pour les modèles les plus avancés ou les usages jugés à risque.
Reste à voir comment les utilisateurs réagiront. L’IA générative est déjà au cœur des débats sur la confidentialité des données. Avec la vérification d’identité, Anthropic ajoute une nouvelle couche de sécurité, mais aussi une nouvelle source de friction. Pour une partie du public, donner une pièce d’identité à un chatbot pourrait être un pas de trop.
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Écrit par
larevuegeek
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