CarotOS 1.3 « Eggshell » est disponible depuis le 29 octobre 2026. Cette distribution basée sur Debian 13 et le bureau Xfce s’adresse aux personnes qui veulent apprendre la cybersécurité avec des outils accompagnés d’explications. La mise à jour enrichit sensiblement cet environnement : analyse antivirus, pièges réseau, conversion de fichiers et nouveaux supports pédagogiques rejoignent la distribution.
L’intérêt du projet tient à son approche ciblée. Plutôt que multiplier les logiciels spécialisés, CarotOS cherche à rendre une sélection d’outils compréhensible, notamment dans un cadre scolaire. La version 1.3 ajoute aussi des fonctions plus quotidiennes, utiles pour éviter de changer de système entre un exercice et la préparation d’un document.
Les principales nouveautés de CarotOS 1.3
- Carotene : une interface pour ClamAV, avec analyse rapide, du dossier personnel ou d’un emplacement choisi, quarantaine, actualisation des signatures et historique. L’application ne fait pas tourner de service permanent en arrière-plan.
- CarotPot : des leurres réseau qui imitent notamment SSH, Telnet, FTP, VNC, RDP, MySQL, Redis ou un panneau web. Ces pièges servent à observer les tentatives de connexion ; l’outil propose des profils d’activité et un blocage soumis à confirmation. Il ne démarre pas automatiquement avec le système.
- Filenor : un convertisseur pour images, sons, vidéos et documents. Il réunit également des fonctions PDF et de reconnaissance de texte, ou OCR.
- CarotOS Former : un guide bilingue qui explique les outils de sécurité étape par étape à l’aide d’animations.
- CarotOS GSD : un dictionnaire consultable par recherche, avec 161 termes autour de Linux, des réseaux, de la cryptographie et de l’informatique.
Carotene et CarotPot répondent à deux besoins différents : le premier recherche des fichiers connus comme malveillants, tandis que le second observe des interactions avec des services leurres. Aucun des deux ne constitue à lui seul une garantie de sécurité. Pour découvrir ces mécanismes, leur présence dans un environnement pédagogique cohérent est toutefois intéressante.


Des vérifications système plus complètes
System Health passe de 20 à 23 contrôles, répartis dans sept catégories au lieu de six. Une rubrique consacrée aux couches de protection vérifie notamment AppArmor et l’ancienneté des signatures antivirus. Des analyses approfondies s’appuient aussi sur debsums et rkhunter.
USB Inspector peut désormais lancer une analyse ClamAV détaillée à la demande. Les fichiers signalés sont simplement rapportés et laissés en place : cette fonction n’efface donc pas automatiquement le contenu d’une clé USB. C’est une distinction utile pour comprendre ce que fait réellement un bouton d’analyse.
La mise à jour corrige également un problème de consommation mémoire : un cache d’icônes absent ou périmé pouvait faire dépasser 1 Go de mémoire utilisée au repos. CarotOS vérifie maintenant ce cache au démarrage et le reconstruit si nécessaire. Cela ne permet pas de promettre une consommation identique sur toutes les machines.
Une boutique trois fois plus fournie
Le catalogue de CarotOS Store passe de 51 à 153 applications, et de sept à dix catégories. L’assistant d’accueil s’étend à 21 pages afin de présenter les nouveaux logiciels. L’objectif est de guider davantage l’utilisateur, sans réserver toute la distribution aux seuls exercices de sécurité.
CarotOS conserve ses outils de découverte réseau, d’analyse du trafic et de protection, ainsi que Poligon, son environnement d’exercices avec un volet pour les enseignants. Je trouve cette complémentarité plus pertinente pour débuter qu’une longue liste de commandes sans explication : elle donne des points de repère, à condition de prendre le temps de comprendre les résultats.

Téléchargement et points à connaître avant de l’essayer
L’image carotos-1.3-amd64.iso pèse environ 2,53 Go. Elle se récupère sur l’infrastructure officielle de CarotOS ; la publication GitHub fournit le lien et une somme SHA-256 pour en vérifier l’intégrité. L’absence de fichier ISO joint à la publication GitHub s’explique par sa taille.
Le projet indique un processeur 64 bits à 1 GHz, 1 Go de RAM au minimum, 2 Go recommandés et 10 Go de disque. Ce sont des seuils d’installation, pas une promesse de confort pour lancer simultanément plusieurs applications. Une machine virtuelle constitue un bon point de départ pour découvrir l’interface et conserver son système principal.
La langue reste un point important pour le public français : le projet met en avant le turc et l’anglais pour ses interfaces maison. Il ne faut donc pas attendre un parcours pédagogique entièrement traduit en français. Si l’anglais vous convient, CarotOS 1.3 mérite un détour pour son effort d’explication ; le choix dépendra surtout de la clarté de ces guides et des exercices dont vous avez besoin.
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