Vous cliquez sur Edge dans la barre des tâches ou ouvrez un lien depuis une autre application, et la fenêtre tarde un peu à apparaître. Microsoft s’attaque à ce délai avec les lancements d’applications accélérés de Windows. Dans une annonce publiée le 29 octobre, l’entreprise revendique un gain de 15 % pour la plupart des utilisateurs concernés, et jusqu’à 33 % en situation de multitâche intensif.
Il y a toutefois une précision essentielle derrière ces chiffres : la comparaison porte sur un navigateur déjà en cours d’exécution, avec une fenêtre ouverte ou un processus en arrière-plan. Microsoft ne promet donc pas de réduire d’un tiers tous les démarrages à froid, ni de rendre toutes les pages web plus rapides.
Windows évite de lancer un processus intermédiaire
Lorsqu’Edge tourne déjà et que vous lui demandez d’ouvrir une nouvelle fenêtre ou un lien, Windows doit transmettre cette demande au navigateur existant. Jusqu’ici, le système pouvait lancer un processus intermédiaire chargé de rechercher l’instance active, puis de lui faire suivre la requête.

Cette étape peut sembler mineure, mais créer un processus et lui faire effectuer ce travail prend du temps. Le délai devient plus visible quand plusieurs applications sollicitent déjà le PC.
Avec le nouveau mécanisme, Edge s’enregistre auprès de Windows lorsqu’il démarre. Pour les lancements suivants compatibles, Windows peut prévenir directement le processus du navigateur déjà actif. Le détour par l’intermédiaire devient inutile : c’est ce raccourci qui explique l’amélioration annoncée.

Les conditions pour en profiter
Microsoft indique que la prise en charge a commencé avec Edge 150. Elle dépend aussi d’une version suffisamment récente de Windows et de sa mise à jour :
- Navigateur : Microsoft Edge 150 ou version ultérieure.
- Système : Windows 11 25H2, 26H1 ou 26H2.
- Mise à jour : KB5127936, la mise à jour non liée à la sécurité d’octobre 2026, ou une mise à jour ultérieure.
- Situation mesurée : Edge doit déjà être en cours d’exécution, éventuellement en arrière-plan.
Les points d’entrée explicitement cités dans le billet technique sont le menu Démarrer, la barre des tâches et l’ouverture des liens pris en charge qui utilisent Edge par défaut. Il vaut mieux s’en tenir à ce périmètre plutôt que promettre le même comportement pour tous les raccourcis ou tous les types de fichiers.
Pour vérifier votre navigateur, ouvrez son menu, puis Aide et commentaires > À propos de Microsoft Edge. La version apparaît et la recherche de mise à jour peut s’effectuer depuis cet écran. Côté système, consultez Windows Update et l’historique des mises à jour. Microsoft ne demande pas d’activer un réglage expérimental pour cette optimisation.
Ce qui change par rapport au boost de démarrage
Le boost de démarrage, ou Startup Boost, peut maintenir des composants d’Edge en arrière-plan pour faciliter sa réouverture. Les lancements accélérés interviennent à une autre étape : ils simplifient la façon dont Windows contacte un navigateur déjà présent.
Les deux mécanismes peuvent donc se compléter, mais ce ne sont pas deux noms pour la même fonction. Une fenêtre Edge déjà ouverte suffit également à placer le navigateur dans le scénario décrit par Microsoft : le boost de démarrage n’est pas présenté comme une condition obligatoire.
Je trouve cette optimisation intéressante parce qu’elle vise un geste très fréquent, sans ajouter une nouvelle fonction à apprendre. Il faut simplement garder les chiffres à leur place : 15 % et jusqu’à 33 % sont les résultats annoncés par Microsoft, pas des mesures réalisées ici. Le gain ressenti dépendra de la machine, de sa charge et du temps de lancement initial.
Les PDF et les autres navigateurs pourraient suivre
Microsoft travaille encore avec les équipes Windows pour étendre les usages du mécanisme, notamment à l’ouverture des fichiers PDF. Ce cas est présenté comme un travail en cours, pas comme une fonction déjà disponible dans toutes les configurations.
L’entreprise indique aussi contribuer cette évolution à Chromium, le projet open source sur lequel repose Edge. D’autres navigateurs utilisant Chromium pourraient ainsi en bénéficier à l’avenir. Cela ne constitue pas une annonce de disponibilité immédiate pour Chrome ou les autres navigateurs concernés.
Pour l’instant, l’intérêt est concret mais ciblé : sur un Windows 11 à jour, rouvrir Edge ou lui envoyer un lien doit demander moins de travail au système lorsqu’il tourne déjà. Une petite amélioration technique, potentiellement sensible sur un PC très sollicité, plutôt qu’une accélération générale de tout le navigateur.
À lire aussi
ARTICLE · 3 OCT. Windows 11 26H2 : les nouveautés utiles, et ce que Microsoft corrige enfin

Commentaires
0